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Assist'Expo 2005
14 et 15 avril 2005 - Cité des Sciences et de l'Industrie
Réussir son oral de VAE
Prise de notes de Eliane Rullier
Atelier animé par Bernard Fripiat, CEGOS
Bernard Fripiat : Pour vous présenter Bernard Fripiat, je vous dirais qu'il est auteur de théâtre et de nouvelles ainsi que d'un roman, et qu'il a fait paraître deux recueils qui peuvent nous être particulièrement utiles : « Se réconcilier avec l'orthographe » (1997 – Editions Demos) et « Trucs et astuces pour réussir ses concours et examens » (1994 – Editions d'organisation).
C'est de ce dernier ouvrage qu'il tire sa conférence sur la manière de préparer un oral -qu'il soit de VAE ou de tout autre examen.
Pour en finir avec la présentation de Bernard Fripiat, je dirai qu'il est belge, ça s'entend, et que c'est un « personnage » que l'on n'oublie pas. |
La veille de l'examen
Tout d'abord la veille de l'examen, évitez de réviser enfermé derrière un bureau. Dans ce genre de situation, on ne tient jamais son programme : on se lève, on boit d'abord un café, puis un second... puis un Coca pour faire passer le café et l'on passe, au final, plus de temps dans la cuisine et dans les toilettes à éliminer tout le liquide ingurgité. Le soir venu, panique ! On s'aperçoit que l'on n'a pas révisé un tiers de ce que l'on avait programmé et l'angoisse refait surface.
NON !!!!
Si vous voulez vraiement réviser, allez dans un endroit verdoyant, marchez.
N'hésitez pas à parler seul : comme le disait à juste titre Bernard Fripiat, depuis l'invention du téléphone portable, ce n'est plus un motif pour être interné ! Tâchez de vivre, en imaginiation, les conditions de l'examen.
Vers 18h, vous aurez inévitablement un coup de pompe : n'allez cependant pas vous coucher. Il est préférable de vous détendre. N'hésitez pas à sortir avec des amis, à vous délasser.
Le mieux est encore de planifier cette soirée importante très en amont de votre examen.
Le soir, vous dormirez mal et c'est normal. Alors préparez deux réveils « à oreilles de Mickey » ou autant que vous nécessaire pour vous rassurer et prenez la précaution de poser vos notes à portée de main, sur votre table de chevet.
La présence des réveils et l'assurance qu'ils sonneront bien en temps voulu devrait contribuer à vous relaxer.
Ne cherchez surtout pas à résister au sommeil.
Si au contraire vous ne parvenez pas à dormir, il ne sert à rien de chercher à feinter avec vous-même ! Prenez vos notes et révisez. De toute manière, vous vous réveilleriez à 5 heures du matin...
Le jour J
Le jour « J », arrivez le plus tôt possible pour voir les candidats qui sont passés avant vous et recueillir leurs impressions. Interrogez-les sur l'attitude des professeurs : ainsi vous ne serez décontenancés s'ils se montrent silencieux ou, au contraire, s'ils vous mitraillent de questions ou adoptent une attitude déstabilisante. Vous saurez ainsi que leur comportement n'était pas spécifique à votre personne mais identique avec tous les candidats. Vous limiterez ainsi les risques d'être pris à dépourvu et affronterez l'épreuve préparé...
Arrivez tôt également pour pallier une absence éventuelle du candidat qui vous précède : les jurys seront heureux de gagner ainsi une demie-heure d'attente et seront plus détendus. C'est tout bénéfice pour vous !
Le trac est normal : on est meilleur quand on a le trac. Le trace est une montée d'adrénaline. A ce titre, il est même fortement recommandé. Le trac paralysateur apparaît lorsque l'on est sûr de soi et que tout se passe trop bien et que l'on prend soudain conscience du risque de perdre tous ses moyens. Il vaut mieux donc se mettre un peu la pression avant le début de l'examen. Comme le soulignait Bernard Fripiat, le trac est comme une voiture sans freins et, "si vous ne l'avez pas, téléphonez-moi que je vous le donne".
Cependant, évitez de vous laisser envahir par des idées négatives. Ne restez pas assis : bougez, secouez les bras et les mains comme un sportif avant la course. Cela permet d'évacuer le stress, la pensée étant focalisée dans les gestes et non dans les minutes qui vont suivre...
A l'entrée dans la salle, saluez et attendez que l'on vous invite à vous asseoir. Gardez les mains sur la table, regardez tout le monde. A la sortie, n'oubliez pas de saluer à nouveau.
Le Jury quant à lui peut avoir différentes attitudes :
- plaisanter entre eux : c'est souvent un jury unisexe. Ne pas relever, sourire ;
- l'un des jurés entend mal, il a laissé son esprit s'évader et vous pose une question à laquelle vous avez déjà répondu : répondez à nouveau, sans faire de commentaire, comme si la question n'avait jamais été posée. Lui faire remarquer le contraire, ce sera vous le même à dos, ainsi que les autres jurys.
- annoncez un plan de ce que vous allez développer, cela démontre que vous avez l'esprit clair.
Si vous voulez amener le jury à penser que vous hésitez sur un point précis afin qu'il s'attarde sur cette question -qu'entre nous, vous maîtrisez parfaitement bien !-, jouez l'hésitation et levez les yeux au ciel.
Au contraire, si le jury voit que vous maîtrisez bien une question, il vous interrompra car il connaît lui aussi la réponse. Vous écouter ne l'intéressera pas.
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Gagnez donc du temps en leur faisant croire que vous achoppez sur un point que vous maîtrisez !
Si vous ne connaissez pas la réponse à une question, évitez surtout de lever les yeux au ciel. Répondez plutôt : « je préfère me taire que dire une bêtise, mais en situation professionnelle voilà comment je ferais pour trouver la réponse/résoudre ce problème ». Ce qui importe, ce n'est pas tant la réponse que le fait que vous démontriez que vous pourriez résoudre le problème le jour où il se posera.
Démontrez toujours que vous aimez votre métier, ce que vous faites.
Si vous vous rendez compte que vous avez gaffé beaucoup plus tôt au cours de l'entretien, n'hésitez pas à vous reprendre. Exemple cité par Bernard Fripiat : vous avez répondu "Marignan ? 1517 !". Mais un moment plus tard, alors que vous répondez à une autre question, vous réalisez votre erreur. Interrompez-vous et dites : « je vous prie de m'excuser, mais je crois avoir dit 1517 pour Marignan alors que c'est bien entendu 1515 ». Reprenez le cours de la question que vous étiez en train de traiter, comme si de rien n'était. Au pire des cas, cela ne changera rien à votre note. Au mieux, vous récupérerez quelques points.
A noter que le membre du jury qui se montre le plus agressif envers vous est souvent celui qui vous soutient.
Pour l'entrainement, Bernard Fripiat déconseille l'utilisation de la caméra vidéo : lorsque vous vous regardez, vous ne reconnaissez pas votre voix et vous risquez de ne vous focaliser que le petit bouton, là, sur votre nez ou votre joue !
Mettez-vous plutôt en situation avec trois personnes qui passent le même examen que vous. Reproduisez les conditions de l'oral : entrée dans la salle, salut, interrogation, sortie. Recommencez chacun à votre tour autant de fois que nécessaire.
* * *
Je souhaite bon courage à toutes celles et ceux qui ont un oral à passer prochainement et que ces quelques lignes puissent les aider.
Note de Top-Assistante : je connaissais Bernard Fripiat pour l'avoir croisé à une occasion mais ne l'avais jamais vu "en action". Bernard est un amoureux de la langue française et cela se sent. C'est aussi, un orateur hors pair, hilarant. Son atelier est de ceux dont l'on ressort boosté à bloc et détendue. Un rêve !
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