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Assist'Expo 2005
14 et 15 avril 2005 - Cité des Sciences et de l'Industrie
Le grand débat
Participants : M. Gérard Larcher, ministre délégué aux relations du travail - Nathalie Baillon, assistante de direction générale Europe - Michel Bouffard, responsable du développement des compétences intérimaires, Manpower - Brigitte Doriath, inspectrice générale, ministère de l'éducation nationale - Elisabeth Durand-Mirtain, consultante formatrice - Christine Harache, consutante, Cegos - Virginie Labourdette, assistante de direction, Avenance - Chantal Sneijkers, national chairman Euma - Brigitte Trocmé, adjointe au chef de bureau des commissions professionnelles consultatives et du partenariat avec le monde professionnel, ministère de l'éducation nationale.
M. Larcher (Ministre délégué aux relations du travail) a rappelé quelques données essentielles sur la profession.
Nous serions aujourd'hui plus de 1.000.000 à exercer le métier de secrétaire ou assistante, dont 75% au sein d'entreprises privées et 25% dans la fonction publique.
C'est la première profession féminine française (avec 98,80% de femmes) et la deuxième, tous sexes confondus, par le nombre de salariés.
Cette profession est représentée dans tous les secteurs de l'économie quand bien même les fonctions d'assistante ou secrétaire sont totalement absentes de certaines conventions collectives.
Alors même que l'on prédisait la fin des sécrétaires, de 1985 à 2005, nos effectifs ont cru de 20% (+800.000 postes).
Une population vieillissante
35% d'entre nous ont aujourd'hui moins de 34 ans contre 50% en 1990. La population vieillit et
100.000 secrétaires seront appelées à partir en retraite d'ici les dix prochaines années.
Parallèlement, le niveau de qualification augmente : en 1991, 37% des secrétaires/assistantes étaient titulaires d'un bac ou d'un diplôme supérieur contre 50% aujourd'hui. C'est d'ailleurs le ticket d'entrée à la profession, 90% des recrutements s'effectuant à ce niveau de diplôme.
La maîtrise des langues, un passeport indispensable pour la profession
Ainsi que l'a rappelé M. Larcher, l'accent doit être mis sur la maîtrise des langues étrangères où notre pays accuse un retard important.
Dans de nombreux pays d'Europe, l'apprentissage des langues se fait dès le cours primaire (Chantal Sneijkers, national chariman Euma).
Michel Bouffard (Manpower) souligne que les langues sont exigées dans 70% des postes.
Parmi les autres critères de sélection, on retiendra également l'adaptabilité, la polyvalence et la capacité à s'approprier les enjeux de l'entreprise (rôle d'interface de l'assistante).
Un métier qui a su s'adapter
Ainsi que l'a souligné Christine Harache (Cegos), c'est un métier choisit par 48% des assistantes et apprécié mais que l'on déconseille à son entourage.
Les tâches classiques d'exécution (gestion de l'emploi du temps, des appels téléphoniques, frappe, classement...), si elles existent toujours, ne constituent plus qu'une partie infime de notre activité.
Nos tâches se sont en effet enrichies. Nous gérons aujourd'hui des dossiers, l'organisation d'événements (colloques, séminaires, voyages) et faisons du suivi de projet.
Nos postes nous confèrent donc d'avantage d'autonomie et, parfois, des responsabilités d'encadrement (personnel intérimaire, CDD...).
Un problème de reconnaissance
Malgré ces avancées, notre métier souffre toujours d'un problème d'image même si cette dernière est aujourd'hui nettement plus nuancée au sein des entreprises.
Ainsi, même si 67% des managers déclarent difficile de remplacer leur assistante, les rémunérations cependant restent faibles.
Selon Brigitte Doriath (inspectrice générale à l'Education Nationale), cette faiblesse tiendrait au fait que notre profession est essentiellement féminine et que les femmes perçoivent de fait une rémunération toujours inférieure à celle de leurs confrères masculins.
Pour Nathalie Baillon (assistante de direction), la revalorisation de notre image de marque passe par une évolution des intitulés de poste. Ainsi, assistante RH pourrait être avantageusement remplacé par chargée de mission en ressources humaines.
Pour l'ensemble des intervenants présents sur le plateau, il est urgent d'élaborer une charte de respect de la profession.
La France, mauvais élève de l'Europe
Elisabeth Durand-Mirtain (consultante formatrice) et Chantal Sneijkers (National chairman, Euma) ont souligné le manque d'évolution offerte à notre profession en France comparée aux pays anglos-saxons.
De nombreux pays d'Europe, au contraire de la France, offrent de véritables débouchés et perspectives de carrière.
Notre pays se classe ainsi avant-dernier en terme d'embauches, de titres, d'évolution de carrière et de salaire.
Des chantiers pour l'avenir
Ainsi que l'a souligné M. Larcher (Ministre délégué aux relations du travail), il est essentiel que notre profession se structure afin d'influer les conventions collectives et pour un meilleur accès aux formations professionnelles.
* * *
Mon sentiment : on ne peut nier la hausse de nos compétences et notre gain d'autonomie, très marqués depuis une dizaine d'années. Il n'est donc pas étonnant que le niveau d'exigence des recruteurs en matière de diplôme se soit également élevé en conséquence et qu'il devienne indispensable aujourd'hui de posséder au minimum un BAC +2.
Quant à la maîtrise des langues, si elle est effectivement exigée dans 3/4 des entreprises, elle y est, au final, peu utilisée.
A réclamer à tour de bras, des compétences inutilisées, les employeurs finissent par susciter chez les canditat(e)s des compétences "fantômes", aucune des deux parties n'étant dupe.
Aussi, cessons d'urgence cette surenchère.
Chacun y gagnera : les entreprises à ne pas voir du personnel surqualifié qui quittera l'entrerpise au bout de quelques mois, et les canditat(e)s à postuler en fonction de leurs compétences réelles.
J'ai été choquée, je dois l'avouer, par l'idée de surenchère au niveau de nos titres. Qui d'entre nous, en effet, n'a jamais souri à l'énoncé du titre ronflant de "technicienne de surface" employé pour désigner les femmes de ménage ? Personne n'est dupe et ce "maquillage" ne changera rien au regard porté sur notre profession si nous n'agissons pas par ailleurs pour promouvoir notre métier.
A cet égard, je pense que notre image dans les médias s'est considérablement améliorée ainsi que j'ai eu l'occasion de le souligner à maintes reprises dans le forum. Il est devenu courant de noter l'emploi des vocables "professionnelles", "incontournables" pour décrire notre fonction. Certes, le chemin n'est qu'à moitié débroussaillé mais nous sommes sur la bonne voie.
Quant à la fameuse charte de respect de la profession, elle ne présente d'intérêt que si elle s'adresse, non pas aux employeurs -franchement, serions-nous naïves au point de penser révolutionner notre image par un simple document ?- mais à tous les membres de la profession. Nous sommes en effet les premiers acteurs de notre métier. Edicter un code de "bonne conduite" aidera sans doute à valoriser davantage notre profession.
Enfin, si nous sommes très en retard sur nos voisins européens en matière d'évolution de carrière, parvenir à évoluer en dehors des fonctions du secrétariat ne me paraît plus une utopie, même si cela demeure encore un phénomène trop rare. Mais ne nous appartient-il pas de bâtir notre avenir et de faire fi de nos doutes ?
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