17e forum national du secrétariat,
Paris - 23 novembre 2004
De part sa thématique, "Les enjeux
du Papy boom - Secrétaires et assistantes - Atout âge",
le 17e forum national du secrétariat a rassemblé
aussi bien des secrétaires et assistantes que quelques
DRH.
Comme pour le congrès de Grenoble, j'ai pu constater qu'une
majorité des assistantes présentes étaient
issues de grandes sociétés. Certaines s'étaient
même déplacées par groupe de 5, voire 10...
Certes, le coût de cette manifestation, y compris le tarif
privilégié de 290 €ht, ne le rendait pas, et
c'est fort regrettable, accessible à une majorité
d'entre nous. De mes calculs et si l'on considère une population
(hors fonction publique) de 850.000 secrétaires, il ressort
que ce genre de manifestation au final n'est fréquenté
que par 0,02 % d'entre nous. Un chiffre qui laisse songeur...
Il est donc urgent que l'on en vienne à ré-étudier
les conditions d'accès à ces manifestations dédiées
à la profession et que les organisateurs se mettent à
proposer deux tarifs, l'un destiné aux entreprises, l'autre
aux particuliers, à l'image des cours du CNED. C'est la
suggestion proposée par Inès,
dans l'un des forums de ce site et que j'appuie totalement.
Pour ma part, une fois encore, j'ai financé cette journée
sur mes deniers personnels. Une manière pour moi de fêter
mes 40 ans. Mon cadeau d'anniversaire, en quelque sorte.
Pour cela, j'ai puisé sur mon budget vacances et, sincèrement,
je ne le regrette pas tant cette journée a été
constructive.
J'ai particulièrement apprécié l'entrée
en matière présentée sous forme de sketch
par Théâtre
à la carte, une troupe spécialisée
dans la mise en scène de situations professionnelles. Je
ne saurais que trop vous les recommander pour vos manifestations
à vocation interne tant leurs dialogues étaient
pertinents de justesse.
Le thème de leur représentation : la confrontation
entre une dirigeante de PME et l'un de ses salariés les
plus anciens, Pierre, démissionnaire.
Ce sketch a d'emblée positionné le problème
: conflits entre les générations, mise à
l'écart progressive des quinquagénaires, leurs changements
de motivation, les problèmes de formation, tous points
qui furent débattus tout au long de ce forum.
Chiffres clés : un état des lieux s'impose -
présenté par Élisabeth
Durand-Mirtain
Tout le monde évoque le vieillissement de la population
qui se profile à l'horizon de 2005 -dans quelques jours,
donc- et qui se poursuivra jusqu'en 2025.
Ce vieillissement est le résultat du baby-boom et du
faible taux de natalité des années qui suivirent.
Il s'ensuit que le nombre de départs en retraite ne pourra
être compensé par l'arrivée sur le marché
des jeunes en fin de scolarité.
Pourtant, il est indéniable que les entreprises accusent,
depuis ces dernières années, un certain jeunisme
: les quadras et les quinquagénaires peinent à décrocher
un emploi et n'ont visiblement plus la cote auprès des
entreprises...
Aujourd'hui, 23% des recrutements se font au niveau Bac + 2 et
45% au niveau Bac + 3 ou 4...
Paradoxalement, notre pays traverse une pénurie de jeunes
qualifiés.
Un manque d'implication des DRH
47% des DRH interrogés déclarent n'avoir pris aucune
mesure pour anticiper les départs en retraite de leurs
salariés.
Quant aux 53% restant, un certain nombre d'entre eux se contentent
de planifier l'ordre des départs sans chercher à
retenir ces précieux détenteurs de savoir et de
savoir-faire.
Parallèlement, quelques DRH ont décidé de
relever le gant et de sont donnés pour objectif de fonder
leurs recrutements sur des critères de compétences
et non plus d'âge. Ils ont, à cette fin, créé
un groupement intitulé Génération RH.
Je rappelle, au passage, que nous sommes l'un des rares pays au
monde à faire figurer l'âge sur les CV, ce qui prouve
bien l'importance que nous attachons à ce facteur dans
nos modalités de recrutement...
Aucun secteur ne sera épargné
tous les secteurs d'activité seront touchés, certains
de manière plus marquée. Les petites entreprises
seront sans doute plus que les grosses et il ne faudra pas compter
sur le flux migratoire de nos pays voisins pour compenser cette
pénurie de main d'oeuvre : le vieillissement touche tous
les pays européens...
Une opportunité pour notre métier ?
Les métiers du tertiaire sont les plus créateurs
d'emplois. Mais 70% des jeunes se déclarent intéressés
par la fonction publique.
En ce qui concerne les métiers du secrétariat,
ce sont 2 secrétaires sur 3 qui partirons en retraite dans
les prochaines années.
On estime à 227.000 les besoins en recrutement pour les
années à venir. Ces besoins ne sont, bien évidemment
pas tous liés aux départs en retraite :
77 000 concerneront des créations de poste ;
150 000 seront liés à des départs en retraite.
Afin de mettre toutes les chances de son côté, la
jeune génération devra s'ouvrir à la mobilité
et développer des aptitudes relationnelles et maîtriser
les nouvelles technologies.
Transmission du savoir : une nécessité
grandissante. Quelle politique mettre en place, animé
par Jean-Marie Peretti
Pour Jean-Marie Peretti, le manque
de personnel qualifié a déjà commencé.
Ce sont près de 750 000 personnes qui auront le droit,
dans les 20 prochaines années, de partir en retraite. Rappelons
qu'aujourd'hui, les entreprises n'ont plus le droit de proposer
à leurs salariés âgés un départ
à la retraite anticipée. Par contre, rien n'empêche
un salarié concerné -et intéressé-,
de proposer cette solution à son employeur.
Si l'âge moyen du départ en retraite est aujourd'hui
de 67,5 ans, il chutera à 62,5 ans dans les 8 années
à venir... La raison ? Le Sentiment Précoce
de fin de Vie Professionnelle (SPVP).
c'est en effet, le mode de fonctionnement discriminatoire
de l'entreprise qui conduit les seniors à aspirer à
la retraite :
l'attitude de sur-protection de la jeune génération
et de l'entreprise vis-à-vis des seniors (ex : "A
ton âge, tu ne vas porter ça ! Laisse-moi faire") ;
le sentiment d'être écarté des promotions
qui vont aux plus jeunes représentant "les sources
vives", le "futur" de la société ;
le fait d'être graduellement déchargé de
tous les projets intéressants au profit des plus jeunes ;
le fait d'être écarté des formations. Au-delà
de 50 ans, nombre d'employeurs jugent que c'est gaspiller de l'argent
que de dispenser une formation à un senior. Paradoxalement,
les faits leur donnent tort ! Les seniors de 50 ans ont encore
une dizaine d'années de travail à offrir et sont
moins mobiles que les jeunes. La formation est presque à
coup sûr rentabilisée (on table sur cinq années
pour amortir ce coût). Les jeunes ne s'embarrassent pas
de préjugés et n'hésitent pas à quitter
l'entreprise sitôt la clause de dédit formation caduque,
soit bien avant le délai d'amortissement de cette formation !
Pour parachever le tableau, il est demandé aux seniors
de bien vouloir transmettre, sans contrepartie aucune, leur savoir
aux plus jeunes. Ils ont ainsi le sentiment d'être dépouillés
de leurs compétences... On ne s'étonnera plus, de
ce fait, que nombre d'expériences de knowledge management
s'achèvent sur des échecs....
A ces discriminations s'ajoute une représentation idéalisée
de la pré-retraite conduisant les seniors à se recentrer
sur leur santé, la famille -souvent d'ailleurs, à
l'occasion de la naissance d'un petit-fils. Être à
la retraite, c'est pour eux l'occasion de passer plus de temps
auprès de leurs petits-enfants, de le voir grandir. Les
seniors prennent alors conscience qu'il existe d'autres valeurs,
finissent par accepter leur âge et à se désengager
du travail qui ne leur apporte plus de contrepartie.
Or, il sera impératif, voire crucial pour certaines entreprises
d'anticiper ce mouvement de départs à la retraite
et de chercher à retenir ces salariés. Cela ne peut
passer que par plus d'équité de traitement entre
salariés juniors et salariés seniors.
Jean-Marie Peretti a évoqué
le cas réel d'une grande entreprise toulousaine employant,
dans le secteur de l'aéronautique, une main d'oeuvre extrêmement
qualifiée. Or, cette entreprise durant plusieurs années,
avait adopté une politique de recrutement basée
exclusivement sur le jeunisme et procédait massivement
à des mises à la retraite anticipée.
Il s'est avéré que les projets prirent finalement
beaucoup de retard : les seniors, détenteurs du savoir
n'étaient plus là pour prendre les décisions
stratégiques et les jeunes n'étaient pas alors totalement
opérationnels. Lorsque cette entreprise tenta de rectifier
le tir en proposant à ses anciens salariés de reprendre
du service, elle réalisa alors son erreur. Cette précieuse
main d'oeuvre, en moins de temps qu'il n'en faut pour leur dire,
avait été contactée par la concurrence et
s'était vu offrir des ponts d'or aux Etats-Unis !
Cet exemple est loin d'être anecdotique et montre bien
la valeur des "anciens".
Pour ma part, je m'interroge sur ce qui pourrait réellement
enrayer ces départs. Ne plus avoir d'obligation de se lever
à une certaine heure, ou d'en référer à
un supérieur, ou de subir des réflexions parfois
désobligeantes, ne plus être exposé à
des rivalités intestines et à ces fichues grèves
de transport, c'est un luxe, pour ma part, auquel j'aspire. Encore
une vingtaine d'années et ce sera mon tour...
Les nouvelles valeurs au travail : de la motivation des juniors
aux seniors et l'image : une perception de soi et des autres
- Table ronde animée par Catherine Mourlevat
(responsable sourcing Randstad), Clémence
Sirech (office manager, McKinsey & company), Dominique
Charmes (formatrice-coach), Andrea Wedell
(consultante, Smart Business Communication)
La presse s'est fait l'écho de la transformation de l'attitude
de la nouvelle génération vis-à-vis du travail.
Nombre de juniors ont vu leurs parents se retrouver au chômage
après de dures et loyales années de service. Il
est donc aujourd'hui difficile de les convaincre que ces mêmes
entreprises sont là pour leur offrir un avenir.
C'est pourquoi l'on voit se développer aujourd'hui une
attitude de "mercenaires" dans le milieu professionnel.
Les jeunes saisissent les opportunités mais ne croient
nullement les promesses qui leur sont faites et n'hésitent
plus à tourner la page et à changer d'entreprise
à la moindre occasion.
Les seniors sont perçus comme réfractaires aux
changements, peu motivés. Leur préoccupation est
de conserver leur rémunération, durement acquise.
Le dialogue entre les deux générations n'est donc
pas forcément, on le devine des plus aisés.
Les habits neufs de la formation - Peut-on préparer une
2e carrière ? La réforme de la formation continue
- Débat animé par Suzanne
Rey, directrice du CPSS, Nadège
Labadie, Juriste/ Délégation à la Formation Continue/ CCIP,
Isabelle Guillard, assistante de direction
au PMU et Fabien Gillen, DRH de Bridgestone
Le DIF devrait permettre à chaque salarié d'accéder
aux formations de son choix. Cela dit, le nombre d'heures restreint
(20 h/ans cumulables sur 6 ans au plus) limitera sans doute
son utilisation.
Il est également fort à parier que les DRH exerceront
une pression sur leurs salariés afin que ces derniers,
soit éclusent leur crédit d'heures chaque année,
soit l'accolent à une formation professionnelle financée
par l'entreprise. Ce dernier système leur permettra de
réduire leur propre coût de formation...
On voit donc les dérives potentielles de ce nouveau système.
N'oublions pas l'objectif premier de la DIF : permettre au
salarié de choisir lui-même sa formation.
C'est donc, comme le soulignait M. Gillen,
un "accélérateur de projets personnels".
Il conviendra donc que le salarié mûrisse sa réflexion
et construise son projet de formation dans le temps.
Parmi les projets personnels peut figurer la fameuse VAE
dont j'ai beaucoup parlé sur ce site. Je souligne qu'il
semblerait que de nombreuses entreprises prennent à leur
charge ce type de projets, à l'instar du PMU. Isabelle
Guillard a ainsi pu suivre, comme certaines de ses collègues,
une "formation qualifiante" et décrocher le titre
d'Attaché de Direction CPSS.
Je ne saurais que trop encourager ce type de prise en charge par
l'entreprise encore que je m'interroge sur la pertinence d'une
telle démarche : une entreprise n'est-elle pas en mesure
de percevoir ou d'appréhender les compétences
de ses propres salariés ? A-t-elle besoin d'une attestation
(diplôme !) délivrée par le Ministère
de l'Éducation Nationale ou autres organismes homologués
pour ce faire ?
Certes, ce diplôme rassure et permettra au salarié
de mieux se positionner dans le cadre d'une recherche d'emploi
mais, dans une majorité de cas, l'obtention d'un titre
ne rime pas forcément avec promotion ou augmentation
de salaire... Mais il est déjà bien, il est vrai,
que le coût de cette formation (environ 500 €) soit
supporté par l'entreprise.
Enfin, ont été évoquées les compétences
émergentes, les formations les plus demandées par
les employeurs. Rappelons que le CPSS, école de la chambre
de commerce et d'industrie dirigée par Suzanne
Rey entretient des liens privilégiés avec
les employeurs et calque donc son offre de formation (disponible
sur simple demande au 0 800 201 290) sur les besoins exprimés
par ces derniers.
C'est sans surprise que nous voyons surgir, en tête de
leurs demandes, des mises à niveau en orthographe,
compétence de base jugée fondamentale par nombre
d'employeurs.
En seconde position, et sans surprise également figure
la communication écrite (rédaction
commerciale, par exemple), suivie du comportement.
Les impacts de la loi Fillon sur les retraites : peut-on aménager
une retraite à la carte ? conférence animée
par Patrick Turbot, directeur EPS Partenaires
Au vu du titre de cette conférence, je m'attendais à
voir évoquer des pistes de réflexion sur l'aménagement
de la retraite, à l'instar de celle proposée par
le sociologue Guy
Aznar (alternance temps travaillé/pauses) et bien...
Non !
En fait, cette conférence avait pour thème unique
le PER : plan d'épargne
retraite.
Je dois l'avouer, Patrick Turbot a
su nous aider à décrypter de manière simple
les spécificités de ce placement.
Pour être considéré comme un placement retraite,
un contrat doit présenter les caractéristiques suivantes
:
être bloqué jusqu'à la retraite
: un PER ne peut être débloqué de manière
anticipée, même en cas d'accident grave ou de
soucis financiers. La majorité des contrats ne sont
pas transférables à des tiers. En cas de décès
du souscripteur avant l'âge de la retraite, les fonds
seront donc perdus et serviront à financer les retraites
de ceux qui auront vécu au-delà du seuil d'espérance
de vie calculée initialement.
Quelques contrats toutefois prévoient une réversion
mais ne rêvez pas : le montant de la réversion
sera alors lissé sur l'espérance de vie du bénéficiaire.
Pour 100.000 € de capital, le montant de votre retraite
complémentaire s'aurait été de 440 €/mois
arrivé à 60 ans. Il est bien évident
que si la réversion se fait au profit de votre petit-fils
de 20 ans, le montant alloué tiendra compte du nombre
d'échéances à courir jusqu'à son
propre décès. Celles-ci étant plus nombreuses,
la pension de réversion sera donc très, très
largement inférieure...
déductible de l'impôt sur le revenu
dans la limite du plafond déterminé par l'administration
fiscale.
servi sous forme de rente viagère. Il n'est
pas possible d'avoir de sortie sous forme de capital.
la rente servie sera soumise à l'impôt sur
le revenu.
Même si les placements, au fil des premières années
subissent les aléas de la bourse, le portefeuille évolue
au fil du temps pour privilégier, sur les dernières
années, des placements sûrs. C'est donc un placement
sans grand risque.
Il faut savoir que le montant de votre retraite sera égal
à peu de chose près à 60% de votre salaire
brut et soumis à 10% de charges quand un salaire subi
lui, 22% de prélèvements.
Les revenus des retraités étant inférieurs
de ce fait à celui d'un salarié, il en résulte
un taux d'imposition moindre. Au final, sur l'année,
l'écart par rapport au salaire annuel de référence
n'est plus que de 23%. On perçoit donc l'équivalent
de 77% de son brut en étant en retraite.
Reste que le PER ne m'a guère convaincue mais il appartiendra
à chacun de se faire sa propre opinion. J'ai néanmoins
regretté que le PERCO ne fut qu'effleuré car il
semble, si l'on s'en réfère à la presse,
légèrement plus intéressant.
Ce compte rendu, particulièrement long, témoigne
de la richesse de ce forum. J'invite donc toutes celles qui hésitent
à s'inscrire à ce type de manifestation, à
oser franchir le pas et à faire prendre en charge ces journées
par leur entreprise.
Rendez-vous, peut-être, le jeudi 17 novembre 2005 !