Congrès Ansaf, Grenoble, 22 octobre
2004
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Vous
avez été nombreuses à n'avoir pu assister
au second congrès de l'Ansaf et à souhaiter
avoir un feed-back sur l'utilité et le déroulé
de ce type de manifestation.
Voici donc un compte rendu qui n'engage que moi.
J'invite toutes filles présentes à ce congrès
à bien vouloir exprimer leur propre opinion afin de
donner de cet événement un regard plus "juste"
que ne peut l'être une seule et unique appréciation.
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Les participantes
En tout premier lieu, ce congrès a réuni près
de 300 participantes (contre 500 attendues initialement). Il convient,
pour être précise, de souligner le nombre non négligeable
de représentant(e)s de l'Afpa et du Ministère de l'emploi
et de la solidarité, sans compter la présence clairsemée
de quelques journalistes.
Je m'interroge donc sur la proportion effective de secrétaires
et assistantes présentes à cette manifestation.
La plupart de ces dernières étaient majoritairement
issues de grosses entreprises et cette journée professionnelle
offerte par l'employeur.
Pour autant, j'ai noté la présence de quelques filles
en recherche d'emploi et venues participer, à titre individuel,
aux ateliers dédiés à ce thème. Elles
bénéficiaient fort heureusement d'un tarif privilégié
extrêmement bienvenu dans de telles circonstances : 20 €
en lieu et place et 140 € déboursés par les autres
participantes.
Cette manifestation n'est indéniablement pas à
la portée d'une majorité d'entre nous et l'on
se sent forcément privilégiée de participer
à ce type de journée.
A ce budget déjà conséquent s'ajoutait le
coût du transport, de l'hébergement, voire de la soirée
de gala et la journée de visite du lendemain, fort heureusement
optionnelles.
Pour ma part, finançant ce projet sur mes deniers personnels,
j'ai fait modeste : colloque seul et hébergement chez des
amis.
Que celles qui auraient pris part à ces autres temps forts
n'hésitent pas à s'exprimer sur le sujet.
Les intervenants
Il faut le reconnaître, les intervenants sélectionnés
étaient passionnants... et passionnés.
Chacun maîtrisait pleinement son sujet et l'information, distillée
avec beaucoup d'humour (parfois un brin trop marqué à
mon goût personnel) est très facilement passée.
Je demeure plus réservée sur l'intérêt
des thèmes choisis pour une secrétaire d'une petite
PME (ce fut, durant 15 ans mon cas, la société
m'employant alors ne comptant que 6 salariés).
Entendons-nous bien : je ne remets aucunement en cause ni la pertinence
des discours que nous avons entendus, ni la qualité des orateurs.
Simplement, certains thèmes me paraissent très éloignés
des besoins terrain exprimés par les assistantes isolées.
Pour que vous puissiez juger par vous-même, voici quelques-uns
des thèmes abordés.
La traversée des siècles,
par Josette Dubost
Tout d'abord, Josette Dubost a retracé,
avec beaucoup de brio l'histoire
de la profession.
Pour celles qui ne la connaîtraient pas encore, Josette
est une figure de proue de la profession. Consultante, elle intervient
en tant que formatrice auprès de la Cegos ou d'Advancia (école
de la CCIP). Son domaine de prédilection étant la
gestion du temps, il
lui fut délégué le rôle de la Gardienne
du Temps, mission dont elle s'est fort bien acquittée.
Josette est un personnage comme je les
aime : directe, franche, toujours souriante et d'excellents conseils.
Nous avons eu l'occasion de la solliciter pour un projet associatif
que nous montons et je puis vous assurer de son engagement réel
vis-à-vis de la profession.
Secrétaire, assistant(e)... et si on
en parlait, par Olivier Liaroutzos
Olivier Liaroutzos est l'auteur de l'unique
étude sur notre profession intitulée "De
la secrétaire à l'assistante", et disponible
à la Documentation Française. C'est un ouvrage de
référence dont j'ai déjà parlé
sur ce site et dont une (trop) brève
synthèse est disponible gratuitement sur internet. L'étude
dresse un panorama de la profession : filières, diplômes,
disparité des fonctions, problème de reconnaissance...
et suggère des propositions de pistes pour l'avenir de la
profession. Tout y est évoqué, souvent au travers
de témoignages d'assistantes.
Cette journée a été l'occasion d'avancer de
nouvelles données sur notre métier :
- les secrétaires et assistantes perçoivent les
salaires les plus bas de toutes les fonctions du pôle
administratif ;
- une présence masculine plus que confidentielle
: seulement 1,8 % des effectifs sont des hommes. Cette parcimonie
s'expliquerait en partie par la connotation de "domesticité"
attachée à notre profession (c'est une fonction
de services aux autres) et la nécessité de
certaines qualités plutôt féminines, telles
qu'arrondir les angles ;
- des départs en retraite en masse : un tiers des
secrétaires partira en retraite dans les 10 ou 15 prochaines
années ;
- une secrétaire sur 8 occupe un poste d'assistante de
direction ;
- des secrétaires isolées : une secrétaire
sur 3 travaille dans une structure employant au plus 10 salariés ;
- 26% des secrétaires occupent un poste à temps
partiel. Il est encore plus faible chez les assistantes de direction,
ses missions particulières l'obligeant à une présence
quotidienne ;
- un salaire médian oscillant entre 1 200 et 1 600 €
nets (50% des secrétaires gagnent plus que les sommes
énoncées et 50% perçoivent une rémunération
inférieure à ce barème) ;
- une offre de 7 diplômes métier. Le bac pro
jouit d'une bonne notoriété. On note également
une demande plus forte d'assistantes spécialisées
tandis que les offres de postes d'assistantes de direction stagnent
(la tendance n'est plus au travail en binôme mais en équipe)
et une légère baisse en ce qui concerne les secrétaires
polyvalentes.
Etre managé(e) et se manager,
par Emile Delignat
"Manager, c'est gérer au mieux des ressources et des
moyens pour atteindre des objectifs". A partir de ce constat,
Emile Delignat a rappelé les principes
essentiels de management.
Des compétences identifiées,
des résultats modifiables, par Isabelle
Dubose
Cette intervention fut l'un des temps fort de cette journée.
Isabelle Dubose, ingénieur de
formation auprès de l'Afpa*, a tout d'abord
rappelé les difficultés que l'on éprouve à
définir les métiers du secrétariat (que font
réellement les secrétaires et assistantes ? quelle
est leur valeur ajoutée pour l'entreprise ?), leur diversité,
pour évoquer ensuite la loi de modernisation sociale qui
pose le droit fondamental à la reconnaissance des compétences.
Ces dernières constituent "une combinaison pertinente
de savoirs, savoir-faire, comportements".
Vous l'aurez sans doute deviné, la loi de modernisation
institue, entre autres choses, la Validation
des Acquis de l'Expérience (VAE).
A cette occcasion, nous ont été offerts les témoignages
de plusieurs directrices des ressources humaines ainsi que celui
d'une assistante de direction (de loin le plus intéressant
de tous !).
Dans le cas exposé, cette démarche de validation prenait
tout son sens : cette jeune femme avait entrepris de se reconvertir
assez tardivement dans les métiers du secrétariat
et ne disposait d'aucun diplôme en relation avec sa nouvelle
profession. Il lui semblait donc primordial de combler cette lacune
et la VAE lui apparaissait comme le meilleur compromis. A noter
qu'elle fut appuyée dans sa démarche par sa direction
des ressources humaines, appui qui fait trop souvent défaut
à nombre de candidates à la VAE.
J'ai regretté : que les témoignages
d'assistantes n'aient pas été aussi nombreux que les
témoignages des DRH. Que cet unique témoignage soit
relatif à une VAE du Ministère de l'Education Nationale
(la plus sélective) et que la VAE Afpa (bien plus 'humaine'
dans son approche) ait été totalement occultée.
Autre thème abordé : la possible création
d'une licence professionnelle des métiers
du secrétariat.
Pour ma part, je m'interroge sur l'opportunité d'un tel diplôme.
Si l'on s'en réfère aux questions posées sur
les sites dédiés à notre profession, il me
semble plutôt relever une forte demande de reconversion voire
de spécialisation poussée dans des fonctions administratives
transversales telles que les ressources humaines, la formation,
la communication. Je rejoins sur ce point l'opinion exprimée
par Inès sur le forum. Il y a 20 ans, on pouvait décrocher
son premier emploi avec un BAC. Aujourd'hui, point de salut hors
du BTS. Et demain ? La licence ? N'hésitez pas
à vous exprimer sur ce point, en bas de cette page.
Les ateliers
Parallèlement à la plénière (conférences
ci-dessus) se tenaient des ateliers principalement axés sur
la recherche d'emploi.
Pour vous donner une brève idée des thématiques
abordées, je vous livre ici quelques titres au hasard : techniques
de recherche sur internet, CV et lettre de motivation en anglais,
analyse flash de CV, image de soi et relooking, comment se présenter
en 3 mn.
Je me souviens d'avoir croisé Alexia
que je connaissais. Alexia est actuellement
en recherche d'emploi et à l'occasion d'un de ces ateliers,
elle a pu prendre conscience du handicap que constituaient sa timidité
et sa réserve naturelles. Alexia
a également été conseillée dans le choix
des postes qu'elle pouvait prétendre occuper. Elle a tiré
un grand bénéfice de cette expérience et je
suis convaincue que sa prise de conscience alliée à
ses compétences indéniables lui permettront de trouver
rapidement le job de ses rêves.
J'ai regretté :
- qu'il faille faire la queue pour s'inscrire, dès l'arrivée,
aux différents ateliers alors qu'il nous avait été
demandé de choisir 3 ateliers sur le formulaire de pré-inscription.
J'ai souvent géré, en agence de communication et
pour le compte d'un ministère, l'inscription à ce
genre d'événement. Les participants étaient
invités à cocher 2 ou 3 ateliers sur leur bulletin
d'inscription et le ministère tranchait en fonction du
quota des salles. Le choix retenu était ensuite communiqué
aux participants, dans leur lettre de confirmation d'inscripition.
- que ces ateliers se soient déroulés en parallèle
de la plénière. Il doit être déstabilisant,
pour un intervenant, de voir une partie de son auditoire se lever
et sortir de la salle pour assister à ces ateliers. Ces
mouvements continuels pertubaient également la concentration
de la salle et m'ont particulièrement dérangée.
Pour ma part, j'étais si attentive au discours d'Olivier
Liaroutzos que j'ai tout simplement oublié
l'heure de mes deux ateliers.
D'autre part, l'obscurité de la plénière
n'aidait pas à conserver un oeil sur sa montre...
Et s'il n'en restait qu'un
Le point culminant de la manifestation fut, sans aucun doute, le
discours de clôture prononcé par Maria-Dolorés
Rodas, chargée de mission au ministère de l'emploi
et de la solidarité et venue "délivrer un message
important". De fait, le ministère appelle de ses voeux
à la formation d'une représentativité des métiers
du secrétariat.
Beaucoup verront dans cet appel ressurgir le vieux serpent de mer
d'une fédération ou d'un syndicat des métiers
du secrétariat. On voit effectivement, périodiquement,
émerger de tels appels sur nombre de forums de discussion.
Puis tout retombe dans le plus profond oubli.
Pourtant, aujourd'hui nombre de bonnes volontés semblent
émanger d'un peu partout. Dans ma quête sur les métiers
du secrétariat, il m'a été donné de
rencontrer nombre d'acteurs (d'actrices, devrai-je dire) de tout
premier plan dans la profession (merci Josette !) et je dois avouer
que cette idée est de plus en plus présente dans l'air
du temps et semble s'appuyer sur des projets concrets et viables.
Le tout est de parvenir à faire converger toutes ses synergies
dans la même direction et à faire fi des dissentions
existant entre les associations.
Alors actrice ou spectatrice de sa destinée ? A vous de
trancher, mais s'il en est parmi vous qui souhaitent aller dans
"le sens du vent", qu'elles n'hésitent pas à
me contacter : je saurai les mettre en relation.