Tout employeur est tenu de remettre aux salariés un bulletin
de salaire lors du versement de la rémunération.
Attention la pratique de l'entreprise concernant la remise
du bulletin peut constituer un usage qui devient alors opposable
à l'entreprise.
En outre, l'accepttion du bulletin sans protestation de la part
du salarié n'empêche pas ce dernier, par la suite de faire des
réclamations.
Il appartient au salarié de démontrer qu'il n'a pas reçu les
sommes mentionnées sur son bulletin, et non pas à l'employeur
de démontrer qu'il les a versées.
Les mentions obligatoires
En principe, le bulletin n'est soumis à aucune condition de
forme, à condition qu'il y ait les mentions obligatoires et
un procédé d'écriture indélébile.
Les mentions obligatoirement présentes sur le bulletin de salaire
sont :
- le nom, l'adresse de l'employeur et l'établissement dont
dépend le salarié ;
- la référence de l'organisme auquel l'employeur verse ses
cotisations de sécurité sociale, son n° d'immatriculation pour
ce versement ;
- son code APE (activité principale) ;
- la convention collective applicable ou les articles du code
du travail relatifs aux congés payés et au préavis en cas de
rupture.
- le nom, l'emploi du salarié ;
- sa position dans sa classification ;
- la période et le nombre d'heures en distinguant celles bénéficiant
d'un tarif spécifique ;
- la mention "à conserver sans limitation de durée"
;
- tous les avantages soumis à cotisations (primes) ;
- en présence d'un forfait, il faut préciser la durée du travail
correspondant à celui-ci ;
- en présence d'heures supplémentaires à ce forfait, il faut
aussi les mentionner ;
- le montant du salaire brut ;
- le montant de la CSG et de la RDS sur des lignes distinctes
;
- la nature et le montant des cotisations salariales et patronales
(essentiellement celles de SSn de règimes complémentaires de
retraite et de prévoyance) ;
- la réduction de cotisation sur les bas salaires ;
- les autres déductions, les sommes non soumises à cotisations
;
- la somme effectivement reçue par le salarié ;
- la date de paiement,
- les dates de congé et les indemnités correspondantes ;
- les indemnités concernant le temps réduit indemnisé de longue
durée ;
- les compléments de salaire versés aux travailleurs handicapés
lorsqu'ils perçoivent un salaire inférieur au minimum prévu
par la loi ;
- il faut annexer au bulletin de salaire un document indiquant
le droit au repos compensateur du salarié et le nombre d'heures
dont il bénéficie,
Dns les entreprises où les salariés bénéficient d'une
participation, un document annexé au bulletin doit mentionner
lors de chaque répartition, le montant de la réserve de participation,
les droits attribués à l'intéressé, la date d'exigibilité de ces
droits par le salarié, le montant de la CSG et du RDS et les cas
exceptionnels où ils peuvent être liquidés.
En cas de chômage partiel, le document remis au salarié
peut se présenter sous la forme d'une ligne sur le bulletin de
salaire.
En cas d'avances par l'employeur des indemnités journalières
de sécurité sociale (maladie) celles-ci doivent apparaître
sur le bulletin du mois de leur versement en déduction du salaire
de base pour déterminer le brut soumis à cotisations.
La convention collective prévoit aussi (I/2, article 6) le taux
garanti annuel du niveau et de l'échelon.
Les mentions interdites
Il est strictement interdit de faire référence à toute activité
de représentation du personnel sur le bulletin, qu'il s'agisse
de représentants du personnel, de membres du personnel du conseil
d'administration...
Ces mentions figurent sur un document annexe.
Pour les heures de grève non rémunérées, il ne faut pas
utiliser le terme "grève" mais une expression impartiale (absence).