Le DIF a été instauré par la LOI
n° 2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle
tout au long de la vie et au dialogue social.
Il stipule que tout salarié peut bâtir son propre
parcours de formation professionnelle.
Pour ce faire, chaque salarié bénéficiant
d'un an d'expérience au sein de son entreprise dispose d'un
crédit de 20h annuelles pour se former. Ces 20h sont capitalisables
sur six années soit un total maximum de 120h.
Le salarié qui le désire peut utiliser son crédit
d'heures à tout moment en formulant sa demande par écrit
auprès de son employeur. Il convient néanmoins de
préciser que cette formation devra être prise en-dehors
du temps de travail, sauf accord de branche plus favorable.
Elle donnera alors lieu au versement d'une allocation de formation
égale à 50% du salaire net de référence
du salarié. Le montant de la formation est alors prise en
charge par l'employeur dans le cadre de la participation au développement
de la formation professionnelle continue.
Bien évidemment, le choix de la formation et de l'organisme
est laissé à la libre appréciation du salarié.
L'employeur ne peut donc pas influer sur son contenu mais sera libre
d'opposer un refus qui devra être motivé et ce au plus
sur deux exercices civils. Il dispose pour ce faire d'un délai
d'un mois. Passé ce délai, son silence vaut acceptation.
En cas de désaccord, passé ce délai de deux
années, le salarié devra formuler sa demande auprès
de l'organisme paritaire dont relève son entreprise (Foncegif)
et bénéficiera en priorité des actions de formation,
sous réserve qu'elles correspondent aux priorités et critères
définis par ce même organisme paritaire.
Contrairement à une idée largement répandue
dans la presse, le DIF n'est pas transférable à un
nouvel employeur en cas de démission du salarié. Celui-ci
devra donc utiliser son DIF avant la fin de son préavis,
sous peine de le perdre intégralement. Il pourra donc être
utilisé pour établir un bilan de compétence,
préparer une VAE.
Les salariés qui bénéficiaient au 7 mai
2004 d'une ancienneté d'un an ou plus, pourront utiliser
ce crédit à compter du 7 mai 2005.
A noter : certaines branches (métallurgie, BTP) ont opté
pour des conditions plus favorables et mettront le DIF en pratique
dès le 1er janvier prochain.
Quelques précisions :
- Le DIF ne se substitue pas au CIF (congé individuel
de formation) qui continue d'exister en parallèle. Il
peut être même envisagé un congé formation
mixte DIF/CIF, ou DIf + formation professionnelle dispensée
par l'employeur.
- Tout salarié en CIF, congé paternité
ou congé maternité continue d'acquérir
des droits au DIF durant son absence.
- Des précisions devraient être apportées
prochainement par le Ministère sur la possibilité
de "saucissonner" son crédit d'heures DIF.
Cette mesure est une excellente nouvelle mais l'on peut s'interroger
sur les pressions qu'exerceront les employeurs, d'une part pour
influer sur le contenu de la formation choisie par le salarié,
d'autre part pour que ce DIF soit pris chaque année. L'employeur
a en effet une obligation de participation au développement de la
formation professionnelle continue. Le montant versé par
ses soins pour votre DIF viendra en déduction de sa taxe
de formation professionnelle. D'où son intérêt
à ce que vous preniez ce dernier chaque année... On
peut imager qu'il puisse également faire pression pour qu'une
partie de la formation continue qu'il vous propose soit éventuellement
en partie prise sur votre propre DIF...
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